Un fiction satirique sur les campagnes de conscientisation
DESCRIPTION
« L’invisibilité de la blancheur, ça veut dire qu’il y a des gens, et il y a des gens de couleurs. Il y a des gens, et des gens latinos. Et les gens – juste les gens – se trouvent à être blanc, mais personne le remarque. » – john a. powell
Ce projet entend rendre les Blancs visibles en les exposant au jeu des stéréotypes. Les personnes racisées connaissent déjà ce jeu créé par la société blanche. Elles ont vécu l’expérience d’être réduites à une image homogène et unidimensionnelle. Une des facettes du privilège blanc, c’est d’avoir grandi à l’abri de ce processus de mystification. Le projet intitulé «Moi j’ai un ami blanc!» entend perturber ce privilège en plongeant le public dans une fiction qui renverse les rôles.
Une campagne de démystification 100% fictive créera des clichés uniformes accolés au Blanc moyen, qu’il soit Québécois, Suédois, Américain, Néo-Zélandais ou autres. Des capsules vidéo qui empruntent le look de telles campagnes encourageront le public à se trouver un ami blanc afin de “prendre conscience que les Blancs ne sont pas tous pareils”. Les stéréotypes mis en scène seront inspirés de clichés connus : les Blancs écoutent des concerts sans bouger, ils ont peur de manger du gluten, ils habitent dans des ghettos 100% blanc, etc.
INTENTIONS
Bien que le projet ait un ton satirique et moqueur, l’intention première est de faire réfléchir. Ce projet est une critique du diversity-washing et du tokenism. Les gouvernements et entreprises sont connus pour utiliser à profusion le terme « diversité » dans leurs communications, sans jamais adresser le problème du racisme et du colonialisme dans son ensemble. Comme s’il suffisait de prononcer le mot « inclusion » pour que ça change. Comme s’il suffisait d’engager un employé noir pour que l’équipe de travail soit enfin diversifiée. Ou d’avoir un ami inuit pour abolir ses privilèges blancs. Ce projet questionne ainsi ces campagnes de conscientisation en reproduisant les mêmes procédés futiles et superficiels.
Le titre du projet «Moi, j’ai un ami blanc!» s’inscrit dans cette critique. Avez-vous déjà entendu des gens se vanter d’avoir un ami noir, un ami musulman, un ami gay? C’est souvent une manière de paraître ouvert d’esprit, progressiste, branché, mais aussi un prétexte pour ne pas examiner ses propres privilèges de Blancs, voire son propre racisme. Le dit ami est réduit à sa caractéristique de minorité, laquelle semble soudainement le définir au complet au détriment de sa personne entière. Dans les milieux plus conservateurs, on entendra à l’inverse que cet ami noir ou cet ami gay « n’est pas comme le reste de sa gang, lui il est comme nous-autres », laissant sous-entendre qu’il y aurait les bons Noirs – ceux qui se comportent comme les Blancs – et les autres.

AUTEUR ET SON ÉQUIPE
L’auteur du projet, Julien Boisvert, est un activiste queer et artiste conscient de ses privilèges de Blanc, pour qui l’art doit servir à ébranler les structures de pouvoir. Son médium de prédilection est le pastiche, qu’il utilise pour court-circuiter les discours dominants. Sa démarche de création repose sur l’implication des communautés à toutes les étapes : développement, production, diffusion. Cinq artistes racisés écriront le contenu des capsules vidéo.
La dernière création de Julien, Parrainez un enfant riche, met en scène une campagne humanitaire à la logique renversée. Des familles du Sud viennent en aide aux enfants d’Occident qui sont ravagés par la “pauvreté relationnelle”. Cette histoire était racontée à travers des capsules vidéo et une plateforme interactive. Le projet a été nominé dans nombreux festivals (Numix, Boomerang, Prix Artiste dans sa communauté). Pour plus d’informations : www.parrainez.org
Le projet «Moi j’ai un ami blanc!» est réalisé en collaboration avec :
- Soutien financier : Conseil des arts de Montréal
- Programmation web : Koumbit
- Consultants : Vidéographe, Anastasia Marcelin, Marwen Tlili, Boban Chaldovich, Nadia Gagné, Zakari Yaou Hamza
- Entreprise de production : Les Productions Vives
- Postproduction : Pablo Perugorria-Del Gesso

CALENDRIER DE PRODUCTION
- Développement / septembre 2019 à juillet 2020
– Recherche et pré-entrevues
– Création du site web interactif
– Scénarisation des 5 capsules vidéo
- Tournage / août et septembre 2020
– Dates à confirmer selon les directives de la santé publique
- Diffusion / à partir de la mi-octobre 2020
MODÈLE-TYPE DE CAPSULE
Cinq capsules vidéo de 30 secondes seront écrites par cinq scénaristes différents, tous issus de la diversité culturelle. Chacun raconte une histoire inventée : il présente son « ami blanc » fictif et explique à quel point cette rencontre a changé sa perception des Blancs (ou pas!). Voici un modèle-type de capsule, intitulé « Mon amie Karine », pour donner une idée du ton :
L’image léchée, au ralenti, montre un personnage blanc, Karine, en train de vaquer à ses activités quotidiennes. Les scènes se succèdent: elle sort son bac de recyclage, elle embarque sur son vélo de route en tenue sportive, elle mange des sushis en collation dans un parc.
En narration, la voix d’Amina présente son amie blanche sur un ton dynamique et empreint de fierté: « Karine, c’est mon amie blanche. En fait, c’est mon amie tout court. Sa couleur, je la vois pu vraiment. C’est vrai qu’elle est un peu clichée des fois : elle fait des listes pour tout, elle est allergique à n’importe quoi, elle demande à tout le monde d’où il vient. Mais avec le temps, j’ai appris à découvrir sa personne au-delà des apparences. Une personne comme nous, qui rit, qui pleure, qui ressent de vraies émotions. »
Après une vingtaine de secondes, le schéma s’inverse. C’est Amina qui apparaît à l’image, au ralenti, avec la voix de Karine en narration: « Amina, c’est une femme tellement tolérante envers la différence. Elle donne une chance à tout le monde, peu importe sa couleur. Souvent, elle me regarde comme si j’étais une personne entière. C’est comme ça qu’on change le monde!
La capsule se termine avec un panneau qui donne les coordonnées de la campagne web « Moi j’ai un ami blanc! » et qui incite les gens à participer.
INSPIRATIONS
Vidéos et images pour donner une idée du ton.
Mèmes sur les Blancs















