Converti
Un court métrage satirique qui explore les abysses du « capitalisme vert »
SYNOPSIS
Dans ce monde fictif, les extrémistes ne sont pas ceux qu’on pense. Zoé a grandi dans une famille stable et aimante. Elle menait une adolescence paisible, jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance d’un agent de radicalisation sur les réseaux sociaux. C’est là que son monde s’écroule : Zoé rompt les ponts avec sa famille et sombre dans une idéologie sournoise et encore peu documentée: le « capitalisme vert ». Ancré dans la dérision et la satire, ce court métrage reproduit les codes narratifs et esthétiques d’une campagne contre la radicalisation. À la manière d’un faux documentaire, le récit fait défiler les entrevues avec des amis d’enfance de Zoé, membres de sa famille et spécialistes de la radicalisation.
Le cinéaste Julien Boisvert explore les travers et contradictions de la consommation écoresponsable et questionne l’idéologie qui la sous-tend. Et si le capitalisme à prétention écologique, c’était une idéologie utopique qui ne fait que prolonger le problème? Écrit et réalisé par Julien, le projet s’inscrit dans sa série de pastiches cinématographiques qui renversent les paradigmes: Moi j’ai un ami blanc! (Prix Numix 2021, Prix Télé-Québec / Fabrique culturelle 2022) et Parrainez un enfant riche (Festival Québec Cinéma 2015, Numix 2015).
BIO DU RÉALISATEUR
Julien Boisvert est diplômé de l’UQAM en histoire contemporaine et de l’Université Concordia en production vidéo. Boursier du Conseil des arts et lettres à maintes reprises, ce cinéaste originaire de Shawinigan déplace les frontières entre le fictif et le réel, la réflexion et l’humour, le spectateur et l’acteur. Son médium de prédilection: les pastiches qui détournent les codes de l’industrie audiovisuelle et déjouent le public.
PRIX ET RECONNAISSANCE
- Création en arts médiatiques de l’année (Moi j’ai un ami blanc! – Télé-Québec / Culture Mauricie 2022)
- Websérie de l’année (Moi j’ai un ami blanc! – Prix Numix 2021)
- Prix Originalité de la création (Beluga.mp3 – Festival international de Deauville 2018)
- Prix Les arts et la Ville (Parrainez un enfant riche – CALQ / Les arts et la Ville 2017)
- Prix TV5Monde – Meilleur concept websérie (Petropur – Geneva International Film Festival 2015)


INTENTIONS DU RÉALISATEUR
Durant mon bac en histoire, j’aimais écouter mes professeurs raconter comment les gens d’autres époques vivaient et pensaient: leurs croyances, leurs normes et toutes ces choses qui peuvent nous paraître parfois irrationnelles aujourd’hui, voire extrémistes. Mais pour les gens de l’époque, qui n’avaient connu que ça, ces façons de penser apparaissaient totalement normales. Aucun n’avait le recul nécessaire pour voir qu’ils étaient immergés dans une quelconque idéologie.
Et si nous étions, nous aussi, sous l’influence d’une idéologie sans nous en rendre compte? Une idéologie totalement différente, mais aussi insidieuse et parfois radicale que celles des siècles passés?
Avec le projet Converti, j’invite le spectateur à prendre un pas de recul et à accomplir cet objectif impossible: regarder sa société comme s’il en était extérieur. Pour y arriver, je le plonge dans une fausse campagne contre la radicalisation, où l’idéologie qui est présentée comme irrationnelle et menaçante, c’est la sienne.
Au cœur du récit, il y a donc cette chose intrigante qu’est le « capitalisme vert ». Qu’on l’appelle « développement durable », « transition énergétique » ou « croissance verte », cette nouvelle mutation du capitalisme mérite qu’on s’y attarde. Bien qu’il se drape de vertu, « le développement durable est finalement juste un alibi pour continuer à faire la même chose » selon Lucie Sauvé, professeure émérite en éducation sur l’environnement de l’UQAM. Et cette « même chose », c’est la croissance économique illimitée, sur une planète dont les ressources à elle sont limitées.
Le projet Converti aborde ces questions sérieuses, mais sans se prendre au sérieux. C’est le mode opératoire qui traverse toute ma démarche de cinéaste: faire rire et réfléchir, sans assommer le public avec des discours moralisateurs. Bousculer, mais avec le sourire! 😉
PERSONNAGES

Zoé
Jusqu’à ses 19 ans, Zoé partageait son quotidien avec son père Gérald, sa petite sœur Soleil et son ami d’enfance Arnaud. Sa vie était confortable, mais peut-être trop routinière et dénuée de sens. Idéaliste et aventurière, Zoé avait besoin de se mettre en danger, d’essayer autre chose. C’est à ce moment qu’elle va basculer dans une idéologie extrémiste et méconnue dans son monde à elle: le capitalisme vert. Bien que son personnage soit central dans l’histoire, Zoé compte peu de répliques. Ce sont les autres protagonistes qui racontent ce qui s’est passé. Le rôle sera joué par Marianne Labonté.

Arnaud
Arnaud est l’ami d’enfance de Zoé. Les deux étaient inséparables jusqu’à ce que Zoé disparaisse. Arnaud était pourtant un camarade proactif, plein d’entrain, impliqué dans multiples projets communautaires, mais apparemment trop conventionnel pour Zoé. Amoureux d’elle en secret, Arnaud souffrira beaucoup de cet éloignement. L’entrevue avec Arnaud permet d’en savoir plus sur l’enfance de Zoé et leur intimité familiale. Le rôle sera joué par Guilhem Buccola.

Gérald
C’est le père de Zoé et de Soleil. Monoparental, Gérald a élevé seul ses deux filles. Cheveux longs et grisonnants, Gérald porte en lui la culture atikamekw dont il est issu. Son origine autochtone n’est pas nommée explicitement dans l’histoire, mais évoquée par sa vision particulière de la nature. Père peu autoritaire, Gérald a néanmoins transmis un riche bagage à ses filles, notamment une sensibilité aiguë envers la Terre-mère. Son personnage est peu bavard, il vit ses émotions de l’intérieur, mais son silence parle. Le rôle sera joué par Jacques Newashish.

Soleil
Soleil est la petite soeur de Zoé, de 8 ans plus jeune. Très complices, Soleil est dévastée par le départ de sa grande soeur. Le témoignage de Soleil ajoute une intensité dramatique au récit. Lors de l’entrevue, Soleil et son père apparaissent côte à côte, mais c’est principalement Soleil qui parle et traduit les émotions vécues par son père. Le rôle sera joué par Gaby Jourdain (14 ans) et Nimiskwew Newashish (7 ans).

Noah
Noah est l’agent de radicalisation qui a recruté Zoé. Son visage est flouté dans le film, mais on le devine dans la jeune trentaine, charmant et articulé. Il publie de nombreux vidéos sur les réseaux sociaux pour promouvoir ses produits et son idéologie. Zoé et lui formeront un couple et auront un enfant ensemble. Le rôle de Noah est joué par un acteur que le public reconnaît seulement à la fin, lors d’un faux mouvement qui dévoile son visage. Le rôle sera joué par Antoine Pilon.

Yasmina
Yasmina est dans la fin-vingtaine. Son visage est flouté et sa voix transformée pour préserver son identité, mais on devine qu’elle est d’origine arabe. Comme Zoé, Yasmina a été convertie à l’idéologie capitaliste. Les deux femmes se sont croisées à plusieurs reprises dans les rassemblements du mouvement. L’entrevue avec Yasmina permet de mieux comprendre comment ces groupuscules fonctionnent et comment s’est opéré l’endoctrinement. Le rôle sera joué par Emna Achour.

Expert 1
Cette sociologue travaille pour une chaire d’université spécialisée en prévention de l’extrémisme. Son niveau de langage – académique et cérébral – contraste avec celui des autres personnages. Parmi toutes les entrevues, c’est la sienne qui dure le plus longtemps. Cette entrevue sert à définir le tronc commun de toute idéologie extrémiste ainsi que le processus qui mène à la radicalisation. Le rôle sera interprété par Aida Sabra.

Expert 2
Ce chercheur universitaire consacre sa carrière à étudier une forme précise d’extrémisme: le « capitalisme vert ». Lui aussi s’exprime avec un langage très académique. Son entrevue arrive tard dans l’histoire, vers le dernier tiers du film, si bien qu’elle lève l’ambiguïté et révèle au public dans quel mouvement Zoé s’est convertie. Le rôle sera joué par Christian Vanasse.

